Semaine de prière Semaine en cours L'abbé Paul Couturier

Bibliographie

paulcouturier  

Paul Couturier

Prière et unité chrétienne - testament oecuménique

Les éditions du Cerf, 2003.

 

ISBN 2-204-07212-5

     
prier15jours  

 

Pierre Michalon

Prier 15 jours avec l'abbé Paul Couturier apôtre de l'unité des chrétiens

Nouvelle Cité, 2003.

ISBN : 2-85313-432-6

     
UC trimestriel149   L'abbé Couturier (1881-1953) - Un apôtre de l'unité chrétienne

trimestriel n°149 édité par l'association Unité Chrétienne, février 2003.

     
colloque2002   Centre Saint Irénée, Centre Unité Chrétienne, Université catholique de Lyon

L'oecuménisme spirituel de Paul Couturier aux défis actuels

Actes du colloque universitaire interconfessionnel, Lyon et Francheville, 8-10 novembre 2002.

Profac.

ISBN 2-85317-096-9

     
couverture Couturier ANC  

Anne-Noëlle Clément

L'abbé Paul Couturier, unité des chrétiens et unité de l'humanité

Editions Olivetan, Lyon, à paraitre fin décembre 2015, 14€, 128 p.

Site des Editions Olivetan

Le monastère invisible

Prier pour l’unité – prier dans l’unité

Si Paul Couturier a été un grand promoteur de la prière pour l’unité chrétienne, il ne souhaitait pourtant pas que cette prière fût cantonnée à la seule Semaine du 18 au 25 janvier de chaque année. C’était même une de ses intuitions spirituelles : tous ceux qui prient régulièrement pour l’unité forment un « monastère invisible ».

« Communauté » contemplative, composée de tous ceux qui partagent une même vocation (faire sienne, dans la profondeur de son être, de sa pensée, de son amour, l’intercession de Jésus pour l’unité), foyer caché de toute la tâche œcuménique, le monastère invisible n’a pas fait l’objet d’un « traité » ; on ne trouve chez Paul Couturier que quelques remarques éparses dans sa correspondance et dans ses feuillets rédigés pour la Semaine de prière pour l’unité chrétienne (en 1943 et 1944). Nous en reproduisons quelques extraits.

 

Les membres du monastère invisible

Il est constitué par l’ensemble des âmes à qui l’Esprit Saint a pu faire connaître, d’une connaissance intime parce qu’elles ont essayé de vraiment s’ouvrir à Sa flamme et par elle à Sa lumière, le douloureux état des séparations entre les Chrétiens et en lesquelles cette connaissance a engendré une permanente souffrance génératrice d’une habituelle prière et pénitence.

 

Un monastère de l’unité

Le nom de Monastère convient à cette réalité puisque la même souffrance, les mêmes désirs, les mêmes préoccupations, la même activité spirituelle, le même but rassemblent dans le cœur du Christ, cette multitude venue « de toutes les nations ».

La clôture n’en est autre que l’inhabitation dans le Christ priant pour l’Unité, l’esprit de celui de l’Universelle Prière, l’action celle de l’ « Émulation Spirituelle ».

Ensemble, les membres du monastère invisible lancent une immense supplication fondue dans celle du Christ et lancée vers Notre Père qui est aux cieux. Elle monte à partir d’innombrables foyers terrestres pour aller déferler devant le trône de l’Éternel. L’Agneau, « comme immolé », déploie devant son Père Sa propre et infinie supplication où nous sommes entrés et cachés sous la puissante et bienfaisante étreinte de Son Esprit, l’Esprit d’Amour.

 


 

Un monastère invisible

Il est « invisible » dans sa totalité éparse parmi toutes les Confessions Chrétiennes ; […] sa réalité totale demeure toujours invisible, « cachée en Dieu avec le Christ ».

 

Une pratique commune du "monastère"

Si chaque jeudi soir, commémoraison hebdomadaire du Grand Jeudi, une multitude toujours plus grande de Chrétiens de toutes Confessions formaient comme un immense réseau enserrant la terre, comme un vaste Monastère invisible où tous seraient absorbés en la Prière du Christ pour l’Unité, ne serait-ce pas l’aube de l’Unité Chrétienne qui se lèverait sur le monde ? N’est-ce pas cette attitude d’Émulation spirituelle sincère, profonde, ardente, que le Père attend pour réaliser l’Unité visible du Corps de l’Église, pour faire tous les miracles nécessaires pour réunir en Son Église visible tous ceux qui L’aiment et qui ont été visiblement marqués du sceau baptismal ?

Pour devenir membre de ce monastère, aucune inscription, aucun bulletin, aucune cotisation, toutes choses souvent demandées. Mais une simple invitation à relire chaque jeudi soir le chapitre XVII de l’évangile de Jean en contemplant le Christ entouré de ses apôtre : le sommet d’où le Calvaire apparaît en toutes ses dimensions, prend son vrai visage, reçoit toute sa lumière. La Sainte Cène vient de finir. […] La Passion va commencer. « Il les aimera jusqu’à la fin ». Au terme de Sa vie terrestre, au seuil du Calvaire, du tombeau et de Sa Résurrection, le fond de Son âme révèle le fond de Son œuvre. Sa prière englobe tout, résume tout : l’Unité, « Toi en moi, moi en eux, afin qu’il soient consommés dans l’Unité ».

 

L’œuvre du monastère invisible : une charité lumineuse

Depuis longtemps, depuis des siècles, la Charité, lien de l’Unité, s’est refroidie. L’Unité s’en est trouvée rompue. « Ils ont été désagrégés par la blessure du péché ». Parce que dans les cœurs la Charité est encore froide, les ruptures persistent. La Charité reprendra sa flamme, sa flamme de chaleur, sa flamme de chaleur lumineuse, dans la douleur, dans l’humilité, dans le repentir, dans la prière, dans la supplication et l’ardeur et la persévérance de la prière.

Qui nous éclairera ? Qui fera tomber les multiples barrières ? Qui comblera les fossés larges et profonds ? Qui nous réconciliera tous dans la Charité avant-coureur de la Vérité ? Il n’y a qu’un chemin où luise la lumière de la réconciliation, où la réconciliation commence déjà : la voie apaisante de la prière, de notre prière en la Prière du Christ, la voie apaisante de la Prière du Christ en notre pauvre prière de pécheurs.

Les membres du monastère invisible forment un réseau de points lumineux parfaitement indépendants, comme le sont les lumières des étoiles. Comme elles aussi, ils créent une atmosphère de clarté bienfaisante.

 

Un monastère où la prière de chacun compte vraiment

Ne dis pas : Si je suis tout seul dans ce grand nombre,

Quel bien fera mon humble effort, mon pauvre amour ?

Car si chaque flambeau s’allume seul dans l’ombre,

Tous se trouvant brûler ensemble, il fera jour.

Vie de l'abbé Paul Couturier

En 1953 disparaissait Paul Couturier (né en 1881), dont un historien a pu dire qu’il est "le prêtre catholique le plus connu dans le monde entier". Cet ecclésiastique modeste et effacé, professeur dans une institution catholique, n’a jamais eu le souci de laisser son nom à la postérité, et il a souvent été ignoré ou méconnu de ceux qui l’entouraient. Mais ses audaces tranquilles – la Semaine de prière pour l’Unité, le Groupe des Dombes… - ont eu une influence déterminante sur l’évolution des relations entre les différentes Églises chrétiennes et la mise en route du mouvement œcuménique.


La vie de Paul Couturier en quelques dates :

 

29 juillet 1881 : Paul Couturier naît à Lyon. Il passe son enfance dans le quartier de la Guillotière, fait sa première communion à l’église Saint-Nizier en juin 1893 et ses études aux Lazaristes.

9 juin 1906 : il est ordonné prêtre.

1906-1907 : sur ordre de ses supérieurs, il prépare une licence de sciences physiques aux Facultés catholiques de Lyon et il est nommé en octobre 1907 professeur de sciences à l’Institution des Chartreux, à la Croix-Rousse où il exercera jusqu’en 1946.

1923 : il lui est demandé de venir en aide à des réfugiés politiques qui ont fui la Russie après la Révolution de 1917. Il découvre à leur contact le christianisme orthodoxe.

mi-juillet 1932 : il fait une retraite spirituelle chez les bénédictins d'Amay-sur-Meuse (Belgique) qui le sensibilisent au souci de l’unité des chrétiens. Au retour, il organise la première rencontre pour l'Unité à Lyon, en janvier 1933, ancêtre de la «Semaine de prière pour l’unité chrétienne».

14 octobre 1934 : il rencontre le métropolite (archevêque orthodoxe) russe, Mgr Euloge.

1936 : il suscite la première rencontre spirituelle interconfessionnelle à Erlenbach, en Suisse alémanique, entre des pasteurs protestants et des prêtres catholiques. C’est l’origine du « Groupe des Dombes » qui réunit maintenant chaque année quarante théologiens et théologiennes, catholiques et protestants, sur des thèmes de réflexion communs aux deux Églises.

1937 et 1938 : il se rend en Angleterre où il rencontre des responsables de l’Église anglicane. En novembre-décembre 1937, il écrit plusieurs articles sur «L'universelle Prière des Chrétiens pour l'Unité Chrétienne», dans la Revue Apologétique.

1939 : il fait la connaissance du Pasteur Visser't Hooft qui deviendra secrétaire du Conseil Œcuménique des Églises à Genève(1948-1967).

automne 1940 : il rencontre à Lyon le Pasteur Roger Schütz qui envisage de créer à Taizé une communauté monastique dans le cadre du protestantisme.

1942 : premier numéro des « Pages Documentaires », l’ancêtre de la revue « Unité chrétienne ». Paul Couturier, l’année suivante, évoque dans cette publication l’idée du «Monastère invisible» qui réunit dans la prière les chrétiens des différentes confessions qui se soucient de l’unité.

12 avril 1942 : il est arrêté par la Gestapo, sans doute en raison de ses amitiés avec des anglicans. Il est emprisonné au fort Montluc jusqu’au 12 juin 1944.

1947 : il écrit (en collaboration) dans la revue Catholicité un article intitulé «Chrétiens devant l'Œcuménisme» et en 1950, il écrit (en collaboration) «Unité Chrétienne et Tolérance Religieuse » et «Dialogue sur la Vierge».

11 avril 1952 : le patriarcat grec-melkite d'Antioche le nomme archimandrite (titre honorifique de certains ecclésiastiques, notamment les supérieurs de monastère).

nuit du 23 au 24 mars 1953 : il meurt à son domicile, d’une crise cardiaque.

Prier pour l'Unité avec l'abbé Couturier

Pourquoi prier pour l'Unité ?

Depuis les commencements du christianisme, les chrétiens n’ont cessé de se diviser en de multiples Églises et communautés ecclésiales séparées. On y distingue trois grandes familles : orientaux et orthodoxes, catholiques, anglicans et protestants (luthériens, réformés, évangéliques et pentecôtistes…).

Au début du XXe siècle, le mouvement s’est inversé. Pour le témoignage de l’Évangile dans le monde, les chrétiens aspirent aujourd’hui à leur unité visible dans une même foi et une même communion eucharistique, telle est la visée du mouvement oecuménique.

Quand nous expérimentons la souffrance vive des séparations, nous désirons travailler à l’Unité. Que faire devant l’ampleur de cette tâche ? Comment s'y prendre ? L’histoire nous montre notre incapacité naturelle à garder l’Unité et notre impuissance à la rétablir quand elle est brisée. « Si le Seigneur ne bâtit pas la maison, les bâtisseurs travaillent en vain » (Psaume 127, 1) ! Nous prions le Père pour obtenir de lui l’unité comme un don.

La prière pour l’unité nous jette dans le cœur du Christ où nous trouvons sa prière : « Père, qu’ils soient un pour que le monde croie » (Jean 17, 21). La prière nous ouvre au souffle de l’Esprit Saint et nous ajuste au dessein divin de salut. Nous prions pour l’unité « telle que le Christ la veut, par les moyens qu’il voudra ».

 

Prier dans la prière du Christ pour l'unité

1ère formule (1937)

Seigneur, sous l’intolérable poids de cette détresse des chrétiens séparés, mon cœur défaille.

J’ai confiance en Toi qui as vaincu le monde.

Ma prière de pécheur, c’est ta prière à Toi, et ta prière est mon unique apaisement.

Quand ? Comment se fera l’unité ? Quels sont les obstacles à vaincre ?

C’est ton affaire !

Ma foi ne peut rien me commander de plus que prier avec Toi, en Toi,

pour qu’arrive Ton Unité, celle que Tu n’as cessé de vouloir,

celle que Tu aurais réalisée depuis longtemps déjà si tous, et moi, avaient été de cristal

entre ce qui de la création par le chrétien veut monter vers Toi,

et ce qui de Toi, par lui encore, veut descendre au monde.

 

Les prières suivantes sont éditées sur les signets créés par Unité Chrétienne, vendus avec le matériel de la Semaine de prière pour l'unité chrétienne.

Prière considérée comme "la prière" de Couturier pour l'unité

Seigneur Jésus, qui à la veille de mourir pour nous,

as prié pour que tous tes disciples soient parfaitement un, comme toi en ton Père, et ton Père en toi,

Fais-nous ressentir douloureusement l’infidélité de notre désunion.

Donne-nous la loyauté de reconnaître et le courage de rejeter

ce qui se cache en nous d’indifférence, de méfiance, et même d’hostilité mutuelle.

Accorde-nous de nous rencontrer tous en toi,

afin que, de nos âmes et de nos lèvres, monte incessamment ta prière pour l’unité des chrétiens,

telle que tu la veux, par les moyens que tu veux.

En toi, qui es la charité parfaite, fais-nous trouver la voie qui conduit à l’unité, dans l’obéissance à ton amour et à ta vérité.

(Cette prière se trouve au verso du signet original).

 


 

D'autres prières d'après des textes de l'abbé Couturier

Que Ton Nom soit sanctifié

Christ, en nos cœurs, ravive le nom de Ton Père,

Creuse-le profond, verse dans cette profondeur le feu de Ton Esprit,

Que sa flamme ardente et haute monte vers notre Père.

 Que tous nos frères reconnaissent dans la lumière que tracera ce feu le Nom du même Père,

afin que vienne le jour que Tu veux, Christ ! le jour que depuis la sainte Cène, Tu ne cesses de demander : le jour de l’Unité, dans la foi de Ton unique Église.

Il viendra ce jour, quand notre douleur des séparations nous aura fait assez souffrir, et que sera devenue assez brûlante la flamme de notre même amour pour Toi.

Alors ton Nom : Père, sera sanctifié sur la Terre !

 (Cette prière se trouve au verso du signet "Visages" n° 2)

Je suis foule

Je les entends tous, je les écoute tous, mes frères humains,

prier en moi tandis que je prie,

tandis que je laisse en moi le Christ faire à son Père, par mes lèvres et mon cœur, sa longue et lente prière.

En réciprocité, je prie en chacun des autres.

Ma prière pour l’unité sort de mon cœur, s’infiltre par la circulation spirituelle du Corps mystique dans la prière de mon frère.

Toi le Christ, par ton Esprit, tu donnes ta voix à la voix de tous mes frères et à ma propre voix.

C'est Toi qui, par l'Esprit et dans l'Esprit, peux seul, l'Esprit le criant en Toi, lancer au Père l'unique supplication : « Abba, Père ! »

  (Cette prière se trouve au verso du signet "Prière" n° 3)

Un chant inspiré par ce même texte a été composé pour Unité Chrétienne par Véronique Stouls : "Tandis que je prie", partition et texte à télécharger.

 

Résurrection

La création va ainsi : de ce qui meurt, sans cesse renaît la vie.

Toute Passion, tout Calvaire, tout Sépulcre s’ouvre sur l’espérance, la certitude et la gloire d’une résurrection.

« Christ est ressuscité ! Oui, il est vraiment ressuscité ! »

De l’effroyable scandale de la division chrétienne,

un jour aussi, sous la pression de la prière, l’Unité totale, c’est à dire visible, sortira victorieuse.

Pour que ce jour vienne, il faut aussi une prière universelle, ardente, anxieuse, ininterrompue.

 (Cette prière se trouve au verso du signet "Résurrection" n°4)

Horizon

Le vrai chrétien ne peut qu’être un ouvrier fervent de l’Unité chrétienne.

L’Évangile creuse en son cœur une insondable inquiétude : tout ramener au Père par le Christ, l’Envoyé du Père.

Devant cet horizon désiré de l’Unité Chrétienne, nous marchons en mettant nos pas dans ceux du Christ.

L’essence de l’amour est d’unifier, de faire le Un.

Si tous les chrétiens aiment le Christ, ils doivent en conséquence tous s’aimer entre eux,

c’est-à-dire tous ne faire qu’un comme ils font, tous et chacun, un avec le Christ.

 (Cette prière se trouve au verso du signet "Horizon" n°5)