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2. La semaine universelle de prière est une semaine de reconnaissance pour notre unité en Christ.

Nous sommes un en Christ, telle est l’unité qui nous est déjà donnée, à nous chrétiens et à nos diverses Églises. Il nous est donné d’en remercier Dieu en le louant par nos actions de grâce. Il s’agit de ce que nous confessons dans le symbole des apôtres lorsque nous proclamons notre foi en Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, en dépit de l’éclatement de la chrétienté sur terre et que nous pouvons dire : « Je crois l’Église une, sainte et uni­verselle ». Là aussi, il faut souligner que nous ne disons pas : nous croyons en l’Église – comme nous croyons en Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Nous disons : nous croyons l’Église. Par notre foi en Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, nous chrétiens, nous recevons en cadeau l’assurance profonde du fait que l’Église chrétienne une n’est pas un simple rêve ou un but lointain qui ne se réalisera que dans un avenir brumeux, mais qu’elle est déjà réalité. Elle est le don de Dieu qui nous est fait en Jésus-Christ. Il s’est approprié tous ceux qui croient en lui. Aussi sont-ils tous constitués en lui dans l’unité. Cette unité essentielle de l’Église est sans doute dissimulée sous la multipli­cité et la diversité des manifestations terrestres de l’Église. Et c’est bien pour cela qu’il est dit dans la confession de foi : « Nous croyons l’Église » et non « Nous voyons l’Église ». L’incrédule ne peut saisir cette unité de l’Église. Elle n’en est pas pour autant une réalité de l’au-delà, mais elle est dans notre monde empi­rique dans, avec et parmi la multiplicité effective de nos Églises. Nous en prendrons conscience dans notre rapport commun avec celui qui est le Seigneur de l’Église, Jésus-Christ. Dans sa com­munion, nous découvrons notre vie commune avec lui malgré tou­tes les différences et toutes les dissensions que connaît la chré­tienté au cours de son pèlerinage terrestre. Comme il est dit dans 1 Co 12, 4-6 : « II y a diversité des dons, mais un même Esprit. Il y a diversité de ministères, mais un seul Seigneur. Il y a diversité d’énergies, mais un seul Dieu qui opère tout en tous ». Nous trouvons aussi cette unité de l’Église attestée dans Ep 4, 4-6 : « Un corps et un Esprit ; un Seigneur, une foi, un baptême ; un Dieu, Père de tous, qui est au-dessus de tous et parmi tous et en tous ».


La conviction de l’unité présente de l’Église a marqué en 1846 l’essor créateur du mouvement d’unité chrétienne le plus ancien des temps modernes, l’Alliance évangélique. Dans les résolutions de l’assemblée constitutive qu’elle a tenue à Londres, les partici­pants venus d’Églises diverses ont déclaré leur joie unanime de « confesser la vérité glorieuse selon laquelle l’Église du Dieu vivant est une, n’a jamais perdu son unité essentielle et ne la perdra jamais ». Son intention était donc, en se réunissant, « non de chercher à créer cette unité, mais simplement de la confes­ser ». Ils disaient en outre : « Puisque nous sommes un dans la vérité, nous désirons aussi être un de manière visible, autant qu’il est possible. Nous voudrions faire notre possible pour mon­trer aux autres qu’un lien vivant et éternel lie les uns aux autres tous les croyants authentiques dans la communion de l’Église du Christ, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous ».

C’est cette même conviction qui nous rassemble dans les confé­rences œcuméniques. En 1948, à Amsterdam, il a été déclaré : « Dieu a donné à son peuple, en Jésus-Christ, une unité qui est son œuvre et non la nôtre. Nous le louons et lui rendons grâces pour l’action puissante de son Saint-Esprit qui nous a rassemblés pour nous faire découvrir, en dépit de nos divisions, que nous sommes un en Jésus-Christ. » Et en 1954, à Evanston : « Nous parlons en hommes qui ont reconnu au sein du Conseil œcumé­nique qu’une véritable « unité en Christ » leur a été donnée, en dépit de leur désunion en tant qu’Églises ». Cette unité n’est pas une simple affaire de sentiment. Nous en prenons conscience parce qu’elle nous est donnée par Dieu quand le Saint-Esprit nous révèle ce que le Christ a fait pour nous ». Et on ajoute : « Nous avons cette confiance que l’Esprit de Dieu nous en don­nera une vision encore plus profonde et nous fera nous l’appro­prier encore plus pleinement, si nous-mêmes et nos Églises fai­sons un sérieux effort pour comprendre le sens de ce qui nous est déjà accordé. ». Aussi, le point de départ de toute semaine universelle de prière œcuménique est la reconnaissance pour l’unité qui nous est donnée en Christ et qui permet que des chré­tiens, appartenant à des traditions différentes et séparés par des formes différentes de piété, puissent parler ensemble avec Dieu dans la prière et l’intercession, dans la reconnaissance et l’ado­ration, chacun à sa façon ; davantage : qu’ils puissent employer une édition commune de la brochure de prière entre catholiques et protestants, comme cela s’est fait pour la première fois lors de la semaine universelle de prière de 1966 dans les pays de langue allemande.