Formation et recherche Ressources documentaires Fondements de la prière pour l'unité Fondements théologiques de la prière pour l'unité - Perspective orthodoxe

 

La Prière pour l’unité se doit de dépasser le cadre temporel d’une Octave qui ne prétend d’ailleurs pas être limitative, mais qui n’a d’autre but que de proposer des temps de rassemble­ment et de prière commune, préparés par une information adé­quate et accompagnés de gestes de fraternité, offrandes, collectes, etc. Par ailleurs l’impulsion acquise dans ces « Octaves » à lon­gueur variable doit pouvoir être appliquée par les communautés dans leur mémorial, leur intercession, comme une des intentions de prière les plus centrales et les plus constantes. Il ne faudrait donc pas risquer de scléroser l’Octave Universelle de Prière, dont la valeur pédagogique et spirituelle est énorme et universelle­ment reconnue, en l’enfermant dans une institution trop fixe, trop bien établie. Que notre préoccupation soit ici de chercher à lui préserver sa jeunesse, son dynamisme, tels que nous les avons vécus surtout dans les temps d’élection que furent ces dernières années, autour du Concile, dans l’immense espérance d’unité que le pape Jean XXIII a su éveiller en nous.

 

Boris Bobrinskoy

 


 

1. Maurice Villain, in Œcuménisme spirituel, Casterman, 1963, p. 21.

 

 
2. Signalons à ce sujet l’étude de F.-M. Braun (« Quatre "signes" johanniques de l’unité chrétienne », in New Testament Studies IX, Cambridge, 1962-1963, pp. 147-155) dans laquelle l’auteur opère une distinction entre les textes johanniques « majeurs » sur l’unité : la Parabole du Bon Pasteur (10, 1-18), l’allégorie de la Vigne et des rameaux (15, 1-8) et la Prière dite sacerdotale (17) ; et les « signes » johanniques de l’unité : le rassemblement des restes de pains (6, 12-13), la prophétie involontaire de Caïphe (11, 47-52), le partage des vête­ments et de la tunique sans couture (19, 23-24) et la pêche miraculeuse après la Résurrection (21, 1-11). « Ces quatre signes forment avec les textes majeurs un système cohérent (p. 155), manifestant, il nous semble, une intention suivie de l’Evangéliste de dégager la préoccupation constante de Jésus de l’Unité.
 
3. Que l’on interprète Jn 17 dans le sens d’un récit historique ou comme une réflexion théologique du Quatrième Evangéliste, basée elle-même sur des témoi­gnages historiques qu’il aurait réordonnés, ne modifie en rien la légitimité de l’usage de Jn 17 par la théologie chrétienne sur la méditation sacerdotale per­manente de Jésus Christ pour ses disciples.
 
4. On objectera que d’après les termes de Jn 17, Jésus ne prie pas pour l’unité de l’Église, mais pour celle de ses disciples, de ceux qui croient en lui, et que par conséquent une stricte exégèse ne peut tirer de la « prière sacer­dotale » de Jn 17 les éléments d’une théologie de la Prière pour l’unité de l’Église. Certes, l’ecclésiologie (de même que la pneumatologie) n’est qu’implicite en Jn 17. Elle y est pourtant proche, à fleur de peau même, dans le contexte du quatrième Evangile, où l’unité des disciples revêt un caractère organique, organisé, hiérarchique même. La plupart des passages johanniques concernant l’unité sont des passages vraiment ecclésiologiques : le Bon Pasteur et la Ber­gerie, le rôle des disciples lors de la multiplication des pains, la pêche mira­culeuse, le rôle respectif de Pierre et de Jean à travers tout le quatrième Evangile, etc... Cf. F.-M. Braun, op. cit
 

5. M. Villain, La prière de Jésus, pp. 95-96.

 

6. Cf. A. Hamman, La Prière, vol. J, Tournai, 1959, p. 134.

 

7. Epis. 130, 12, 22 ; PX. 33, 502.