Formation et recherche Ressources documentaires Fondements de la prière pour l'unité Fondements théologiques de la prière pour l'unité - Perspective orthodoxe

 

5°           L’intercession sacerdotale du Christ Jésus est scellée par une finale d’une force de détermination infinie, par un mot qui résonne comme l’Amen de Dieu, de celui qui est l’Amen, le Témoin fidèle et vrai (Ap 3, 14), en qui « il n’y a que oui, en qui ont leur oui toutes les promesses de Dieu, et par qui nous disons notre « Amen » à la gloire de Dieu » (2 Co 1, 19-20) ; c’est le « je veux » qui clôt la prière sacerdotale exprimant non seulement la demande de l’obéissance filiale, mais la volonté suprême de Celui qui est engagé déjà dans l’achèvement de la gloire trinitaire, de Celui devant qui tout genou fléchit, au ciel, sur terre et dans les enfers (Ph 2, 10), de Celui dont la fami­liarité avec le « Père » est infinie. « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient aussi avec moi... » (Jn 17, 24).

 

Ce simple mot « je veux » nous révèle les limites de l’interces­sion, de la supplication, ou plutôt nous souligne son exaucement en Celui « qui a été mort et qui est vivant pour les siècles des siècles, détenant la clef de la Mort et de l’Hadès » (Ap 1, 18), en celui « qui, après sa victoire, a pris place auprès de son Père sur son trône » (Ap 3, 21). En Jésus, l’intercession et la dispensation coïncident, la médiation est à double sens : une sup­plication ardente auprès du Père (« je prierai le Père », « je prie pour eux ») et l’exercice de la volonté souveraine de vie, d’amour et de gloire pour les hommes. « Le vainqueur, je lui donnerai de prendre place auprès de moi sur mon trône, comme moi-même, après ma victoire, j’ai pris place auprès de mon Père sur son trône » (Ap 3, 21).

 

6°           Nous avons souligné au début de cet exposé la place orga­nique de la prière sacerdotale dans l’axe de la Médiation rédemp­trice de Jésus pour le monde. II y a une correspondance théologi­que intime entre la prière de Jésus au Cénacle et son intercession céleste. C’est dans le cadre de la liturgie unique de notre Grand Prêtre que la prière sacerdotale doit être comprise. Il s’ensuit donc que la prière de Jésus pour l’unité des disciples a une valeur constitutive et permanente, elle se perpétue dans la liturgie céleste, elle résonne dans tout le temps de l’Église. L’Église subsiste, survit à l’encontre des forces de dissociation, de dis­persion, par la puissance de cette prière qui la maintient dans l’être et dans l’unité, de même qu’elle la préserve dans la vérité, dans la sainteté et la gloire du Père.

 

C’est ainsi que dans sa célébration liturgique, l’Église rend grâces pour cette intercession toute-puissante, elle s’y associe par la supplication de l’assemblée eucharistique tout entière ; elle pénètre dans l’intimité de la gloire et de la vie divine que le Père déverse sur l’Église, par la demande du Fils, dans l’Esprit Saint. Chaque célébration eucharistique est par excellence une manifestation d’unité et une demande pour subsister dans cette unité ecclésiale.