Formation et recherche Ressources documentaires Fondements de la prière pour l'unité Fondements théologiques de la prière pour l'unité - Perspective catholique

Tel est, on le sait, le problème posé loyalement par le P. Ch. Boyer (20). Celui-ci (21) le pose en référence aux intentions qui, dans l’ins­titution du P. Paul Wattson, particularisaient la prière de la Semaine de janvier, jour par jour, en prière pour le retour à l’Église catholique romaine des « sectes orientales », des Luthé­riens, des Anglicans, etc... Le P. Boyer propose des formules moins heurtantes, mais il garde l’attribution d’une intention par­ticulière à chaque jour de la Semaine. Ne le ferait-il pas, le pro­blème qu’il pose demeure : comment un catholique pourrait-il en rester à la formule vague de l’abbé Couturier, prier « pour l’unité que Dieu voudra par les moyens et les voies qu’il voudra », alors qu’il connaît la forme et le nom de l’unité que Dieu a voulue ? Il ne peut que prier pour le retour à l’Église catholique de ceux dont les pères l’ont quittée. Le P. Boyer pense que cela n’empêcherait pas les chrétiens présentement désunis de prier ensemble, chacun priant selon les exigences de sa conscience, dans le respect des autres. Que penser de tout cela ?

Notons d’abord que ni Jean XXIII (22) ni le décret sur l’Œcuménisme, là où ils parlent de la prière pour l’unité, ne patronnent la thèse du P. Boyer qui pourrait, par contre, trouver un appui dans la façon dont s’exprime la constitution Lumen gentium, n° 15 fin. Le décret conciliaire patronnerait plutôt celle de l’abbé Couturier car, avant de parler de la prière pour l’unité en des termes généraux, il parle d’ « œcuménisme spirituel », consacrant ainsi une expression de l’abbé Couturier et du P. Vilain. Pour le dire en passant, d’ailleurs, ce qu’il dit à ce sujet est peut être l’apport le plus original que le décret ait fait à l’œcumé­nisme : la mise en valeur de sa dimension spirituelle.

Le P. Boyer met en garde contre ce qui favoriserait le vague, une diminution des convictions, ou encore contre un parti pris d’optimisme et de bienveillance aux termes duquel il n’y aurait plus, finalement, de pécheurs ou d’errants qu’il faille chercher à convertir. Ces dangers ne sont pas imaginaires, mais le devoir d’y parer relève d’une bonne formation religieuse telle qu’en toute hypothèse l’œcuménisme en implique une.